
Dans un monde saturé d’images, l’œil n’en ressort pas indemne : rapide, parfois aiguisé, il est pourtant blasé, sinon anesthésié. Créer des images peintes aujourd’hui peut sembler une vaine entreprise. Vouloir innover, une ambition bien naïve. Néanmoins cette nécessité demeure.
L’avènement de la photographie, les révolutions artistiques et les chamboulements technologiques n’ont jamais dissuadé les peintres de peindre. L’esprit longtemps occupé par ces réflexions, j’élaborai un principe simple : s’il me fallait approcher le mystère de la peinture, ce ne pourrait être qu’en peignant.
Mon attrait pour la restauration de tableaux procédait du même ressort : les raffinements techniques et leur vertu alchimique me dévoileraient une parcelle de ce mystère.
« La peinture est une fin en soi »
La symbolique, le discours et le concept me semblent accessoires. Le sujet peinture est un champ suffisamment vaste à explorer.
Croix, colonnes, écrans, arcs,…
Quand une image s’impose à moi, j’entends par-là, quand je sens qu’elle vaut la peine d’être peinte, je ne peux distinguer la démarche artistique du procédé technique. C’est la manipulation des matériaux qui guide le résultat artistique. Je vois une forme simple et forte. Une forme, un fond.
Le tableau s’élabore lentement, à tâtons. Les couleurs transparentes, par le jeu des contrastes et de la profondeur, révèlent peu à peu une forme plus dense, l’image atteint une intensité vibratoire.
Je voudrais imaginer ces tableaux comme des objets de contemplation, ou images de méditation. Un moment de plaisir esthétique où l’œil et l’esprit se perdent sereinement.